Compte rendu No 1 du séminaire « Les Inklings »
Ecrit par Phil   
18-08-2005
oxbridge.jpgUne rencontre estivale du nom de « Oxbridge « est organisée par la fondation C.S. Lewis, elle se déroule à Oxford et Cambridge. On y parle de C.S. Lewis et de son travail, mais également de J.R.R Tolkien et les Inklings.

Pippin Skywalker du site theonering.net nous présente le 1er résumé de la session du 25 juillet 2005 sur le thème :
« Les Inklings, Lewis, Tolkien, Williams, Barfield et leurs amis »
Animé par Colin Duriez (spécialiste de Lewis auteur du livre Inklings Handbook). Cette première partie parle de la relation entre Lewis et Tolkien, mais aussi de ce nom étrange « Inklings  …

Les Inklings : il s’agissait d’un groupe d’écrivain qui se retrouvait pour discuter de sujets divers et lire leurs écrits.

tolkien.jpg Tolkien et Lewis étaient de très bons amis, Lewis était jovial, il était relativement bruyant et il ne tenait pas sa langue dans sa poche, cela est assez différent du portrait dressé par le film Shadowlands. Duriez nous a dépeint Tolkien comme étant quelqu’un à l’apparence calme, il fumait la pipe, mais il était capable de s’emporter assez facilement. En fait, une constante des rencontres des Inklings était le fort volume sonore qui s’en échappait, ce qui n’est pas une surprise, au vu des personnages qui la composaient. Comme il est souvent le cas dans un groupe de ce genre, les conversations été aussi variées que les membres du groupe. Tolkien était connu pour ne parler presque exclusivement que des hobbits et du Seigneur des Anneaux, ce qui ne manqua pas de fatiguer Owen Barfield, un autre membre des Inklings. Parmis les autres sujets abordés, on peut mentionner le fait de porter au cinéma des livres (ce qui est intéressant, sachant que les livres de Tolkien et Lewis ont été portés au cinéma) ou bien encore de savoir si les chiens avaient une âme.

pub.jpg Les Inklings se retrouvait dans 3 endroits différents : the Eagle and Child pub, la chambre de Lewis à Magdalen et la chambre de Tolkien à Exeter. Les rencontres avaient lieu normalement le mardi et le jeudi. Pendant ces rencontres, ils leur arrivaient de faire un concours de celui qui lirait sans pouffer de rire le plus longtemps des livres Victorien excentriques et pathétique. Ces temps étaient remplis de bonnes humeurs mais aussi de débat et de sujets profonds. Il s’agit de rencontre informelle de personnes qui pensent la même chose, dans le but de parler, de partager et de rire sur des sujets et des idées qui les touchaient particulièrement.

lewis.jpg Au milieu de tous ces rires et réflexion allait naître une relation profonde d’amitié entre Lewis et Tolkien. Lewis s’est converti au milieu de sa vie au christianisme. Il a été influencé grandement par une discussion avec Tolkien et Hugo Dyson lors d’une marche sur l’avenue Addison’s Walk, où les 3 hommes ont discuté de la relation entre le Christianisme et les mythes. Cette conversion a changé radicalement la vie de Lewis et ces croyances. Ces écris en porteront la trace.
Tolkien a continué de jouer un rôle important dans la vie de Lewis, en prenant peu à peu un rôle de père protecteur pour son ami. Par exemple, Tolkien n’était pas du tout d’accord avec l’amitié que Lewis entretenait avec Charles Williams un autre membre des Inklings qui était très intéressé par tout ce qui touche à l’occulte. Tolkien trouvait que Lewis était trop impressionnable. Tolkien et Lewis n’avaient pas seulement fait un autre choix d’amis, mais ils étaient aussi différents par rapport à leurs croyances chrétiennes. Tolkien était un Catholique Romain de naissance, alors que Lewis était protestant. Ils ont eu de nombreux échanges à ce sujet. Dans une lettre de 1936, C.S. Lewis fait référence à Tolkien de cette manière :
« Je me suis lié d’amitié avec Tolkien (Un professeur d’anglais, un papiste) »

Ce qui est intéressant dans cette phrase, c’est que Lewis ne fait pas seulement mention de la profession et position de Tolkien mais il montre aussi la différence de leur pratique religieuse. Tolkien ne se gênait pas non plus de pointer du doigt le protestantisme de Lewis en disant que Lewis avait « un motif d’Ulster ». Cela m’était en évidence l’histoire Protestante d’Ulster en Irlande d’où Lewis était originaire. Malgré ces différences, Tolkien et Lewis avaient beaucoup de chose en commun. Leurs expériences de la première guerre Mondiale a changé le style et la pensée de leurs écrits. Ils avaient en aversion la montée en puissance des machines. Tolkien en a parlé dans le Seigneur des Anneaux et Lewis dans son livre de science-fiction « That Hideous Strength ». Ils ont été grandement influencé par l’auteur G.K. Chesterton. Ils pensaient que la science-fiction et les mondes fantastiques donnaient aux lecteurs un aperçu du monde spirituel. Ils croyaient également que le mal était quelque chose de temporaire.

lotr.jpg En tant qu’écrivain, ils critiquaient et louaient leurs travaux respectifs, parfois, ils s’inspiraient mutuellement, parfois ils n’étaient pas d’accord sur leurs choix respectifs. Lewis montrait une très grande admiration pour le travail de Tolkien sur le Seigneur des Anneaux. Tolkien, n’était pas toujours aussi positif quand au travail de Lewis, il n’aimait pas le style, le choix littéraire et les combinaisons créatives des Chroniques de Narnia. Cela ne veut pas dire que ces deux écrivains n’ont pas eu des collaborations littéraires. Ils ont tiré au sort pour savoir qui écrirait une histoire où l’on remonte dans le temps et qui écrirait une histoire dans l’espace. Selon Duriez, ce serait la raison pour laquelle le Seigneur des Anneaux a vu le jour. Lewis fini par écrire une trilogie cosmique.
Lewis et Tolkien ont partagé des expériences de vie commune, Tolkien a perdu ces parents quand il était encore enfant et Lewis a perdu sa mère alors qu’il était encore jeune. Ils ont connu les horreurs et la tristesse de la 1ère guerre mondiale et ont perdu des amis dans ces combats. Ils étaient des hommes de profondeur qui ont tissé leurs écris de leurs tristesses, expériences et rêves.

Traduction : phil

Dernière mise à jour : ( 17-08-2005 )