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L'auteur du "Monde de Narnia", C.S. Lewis a écris plusieurs ouvrage en dehors de Narnia, voici la liste de ces œuvres entre 1919 et 1945.
Première partie (1919-1945)
Certains textes sont tirés de: http://www.portail-cslewis.org/, le portail francophone sur CS Lewis. Reproduit avec autorisation. Tous droits réservés.
1) Spirits in Bondage (1919, non traduit). Recueil de poésie.
2) Dymer (1926, non traduit). Recueil de poésie.
3) Le retour du pèlerin (The Pilgrim's Regress, 1933, non traduit). Fiction didactique.
4) The Allegory of Love, a study in medieval tradition (1936, non traduit), étude de littérature médiévale.
5) Le Silence de la Terre (Out of the Silent Planet, 1938). Roman de science-fiction.
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Histoire
Le professeur Ransom fait une mauvaise rencontre au cours d'une randonnée dans la campagne et est enlevé dans le vaisseau spatial d'un savant mégalomane vers Malacandra, une curieuse planète où il fait la connaissance des sympathiques hrossa, avant de comparaître devant l'indéfinissable Oyarsa qui lui apprend l'histoire de la rébellion de Thulcandra, la planète silencieuse.
Commentaire
Ce premier roman de Lewis est dans le meilleur style de la science-fiction à la H. G. Wells. Lewis avoue cependant dans son prologue avoir sciemment subverti Wells, dont les thèmes habituels sont renversés: l'espace n'est pas vide mais infiniment plus riche que la terre; les extraterrestres ne sont pas de terribles créatures destructrices mais sont amicaux et sans histoire, alors que c'est l'homme qui sème la mort autour de lui. Le roman met en place une cosmogonie originale, où les puissances célestes de la mythologie classique sont intégrées de façon très convaincante dans une vision discrètement chrétienne de l'univers; en filigrane on distingue un formidable tableau de la chute et de la rédemption de l'humanité. |
6) The Personal Heresy, a controversy (1939, non traduit). Etude littéraire.
7) Le Problème de la souffrance (The Problem of Pain, 1940). Essai apologétique.
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Thème
Le problème intellectuel posé par l'existence de la souffrance peut se poser ainsi : « Si Dieu était bon, Il désirerait rendre Ses créatures parfaitement heureuses ; si Dieu était tout-puissant, Il serait capable de faire ce qu'Il veut. Mais les créatures ne sont pas heureuses. Donc il manque à Dieu soit la bonté, soit la puissance, soit les deux. » Ce raisonnement ne peut être mis en défaut qu'en définissant soigneusement les mots « bon », « tout-puissant » et « heureux ».
Commentaire
CS Lewis avance dans cet ouvrage une réflexion très aboutie qui l'amène, finalement, à un exposé global passionnant de la doctrine chrétienne du salut, tout en restant extraordinairement vivant, accessible et proche des préoccupations directes de ses lecteurs. On peut n'être pas convaincu par les passages les plus spéculatifs, sur l'enfer et le Paradis en particulier, mais le reste du livre, résumé anticipatif de toute la pensée religieuse de Lewis méditée depuis sa conversion, est un mélange très efficace d'intelligence éclairée par la foi et de bon sens non dénué d'humour, combinant les héritages de George MacDonald et de G. K. Chesterton. On ressort réellement grandi de la lecture de ce livre, bonne introduction à l'œuvre apologétique de Lewis, qui apprend à voir les choses du côté de Dieu. |
8) Tactique du Diable (The Screwtape Letters, 1942). Fiction didactique.
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Thème
L'ouvrage est composé de trente et une lettres d'un diable à un autre. Screwtape, vieux diable de la fonction publique de l'Enfer, y prodigue ses conseils à son neveu Wormwood, jeune diable en charge de son premier « patient ». Lewis se livre ici à une psychologie de la tentation. du point de vue du Tentateur. Ce renversement de perspective fait des Lettres de Screwtape une œuvre unique : Satan y devient « Notre Père d'En-Bas » et Dieu « l'Ennemi ». L'expérimenté Screwtape enseigne ainsi à Wormwood les ficelles du métier : tirer parti des défauts les plus intimes de son patient pour l'éloigner de Dieu, pervertir vertus humaines, combattre la foi et la prière, etc. Il y exprime également à l'occasion son incompréhension et son dégoût pour l'amour de Dieu à sa créature. Ce n'est pas sans honte que le lecteur se reconnaîtra souvent dans le patient objet de cette diabolique correspondance.
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9) Voyage à Vénus (Perelandra, 1943). Roman de science-fiction.
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Histoire
Le professeur Ransom, héros de Au-delà de la Planète silencieuse de retour sur terre, est sollicité par l'Oyarsa rencontré sur Malacandra, pour se rendre sur Perelandra, où il se prépare des choses sinistres. Le professeur Weston, en effet, maintenant complètement contrôlé par « le Tordu » qui gouverne Thulcandra, se prépare à s'y rendre pour faire tomber Perelandra dans la vaine rébellion de son maître contre Maleldil, le Créateur. Les deux hommes s'affrontent donc, dans un cadre édénique, autour d'une désarmante nouvelle Ève perelandrienne, avec pour enjeu la chute ou le salut de ce monde.
Commentaire
Lewis, encouragé par le succès de son premier roman, se lance dans un livre beaucoup plus religieux: les descriptions très réussies de Perelandra sont accessoires devant la fort convaincante mise en scène d'une tentation du jardin d'Éden légèrement modifiée dans ses détails, ne serait-ce que par la présence d'un avocat de Dieu, lui-même pourtant créature déchue, dont nous suivons les affres alors qu'il ne se sent pas de taille à affronter les arguments diaboliquement malins (c'est le cas de le dire) de Weston. La discussion est menée en des termes extrêmement simples, les deux parties devant s'adapter à l'innocente ignorance de la Dame qu'ils cherchent à convaincre : ce qui aurait pu devenir un débat incompréhensible et ennuyeux garde ainsi toute sa fraîcheur et son intérêt. La « conclusion » du débat est assez décalée et pas vraiment satisfaisante, mais la fin est très intéressante, avec de superbes passages qui nous donnent un bel aperçu poétique de la profonde pensée religieuse, et en particulier christologique, de Lewis.
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10) L’Abolition de l’homme. Réflexions sur l’éducation (The Abolition of Man or Reflections on Education, 1943), essai.
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Les trois chapitres qui composent L'abolition de l'homme nous entraînent dans une démonstration dont l'intensité va crescendo.
Alerté par une expression malencontreuse qu'il a trouvée dans un manuel scolaire, C.S. Lewis la soumet à l'analyse et il y décèle une vision du monde qui nie toute valeur objective.
Cette étude le conduit à démasquer les sinistres conséquences d'un rejet de toute morale et elle se termine par la description apocalyptique de l'instant où l'homme fera de lui-même la matière de ses propres manipulations.
L'avertissement que Lewis nous lance n'a pas prix une ride : en tentant de nous libérer de toute valeur, en refusant de soumettre nos découvertes scientifiques à des normes morales universelles, nous tendons toujours plus à abolir l'humain dans ce qu'il a d'unique et de sacré. |
11) Cette hideuse puissance (That Hideous Strengh, 1945), roman de science-fiction.
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Histoire
Mark Studdock est un jeune professeur de sociologie à Bracton College, dans la petite université d'Edgestow. Son ambition, plus que ses vagues convictions, le pousse à faire partie de l'« élément progressiste » de ce collège. Il se voit bientôt offrir un poste au N.I.C.E., puissante organisation scientifique d'État dont le but apparent est de régler et rationaliser la société, et malgré les nombreuses anomalies qu'il y remarque, n'a pas la force de le refuser.
Pendant ce temps, sa femme Jane, avec qui il s'entend de moins en moins bien, a de façon récurrente des rêves étranges, qui semblent être une manifestation de voyance. Elle entre en contact avec les habitants d'un manoir peu ordinaire, dirigé par un fascinant « directeur » et dont le but est précisément de combattre le N.I.C.E., qui petit à petit prend le contrôle du territoire autour d'Edgestow. Mais les événements se précipitent : d'intrigue universitaire puis de complot politique, on passe progressivement à un déferlement de puissances surnaturelles, alors que Mark, découvrant enfin ce qui se cache derrière le N.I.C.E, cherche à échapper à la manipulation qui lui est imposée et que Jane continue d'aider le manoir dans sa lutte pour la survie de l'humanité.
Commentaire
Bien que traditionnellement rattaché à la « trilogie cosmique », ce roman se déroule entièrement sur terre, et commence d'ailleurs dans un cadre tout à fait banal de discussions d'antichambre et de luttes d'influence dérisoires. Le passage progressif à l'invasion par un organisme tout-puissant et tentaculaire puis à un combat aux dimensions presque cosmiques est très bien fait, quoique potentiellement perturbant pour un lecteur qui n'aurait pas remarqué le sous-titre : « conte moderne pour adultes ». Le roman constitue une sorte d'illustration des dangers du mythe scientiste du pouvoir de l'homme sur la Nature, déjà étudié par Lewis dans les trois essais de l'Abolition de l'homme. L'atmosphère incroyablement malsaine du N.I.C.E. est excellemment construite, et les conséquences logiques de la tentative de mise en œuvre d'un pouvoir « scientifique » sont très bien pensées : c'est très naturellement que l'on passe de discussions consensuelles sur la supériorité absolue de la science à l'horreur du totalitarisme. |
12) Le Grand divorce entre le Ciel et la Terre (The Great Divorce, 1945), essai.
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Embarquez avec le protagoniste de ce merveilleux récit dans le bus qui le conduit de l'enfer de la Terre aux abords du Ciel. Vous y rencontrerez l'artiste incompris, l'intellectuel cynique, le rustre belliqueux, le scientifique sceptique, l'ecclésiastique apostat. Vous y ferez la connaissance d'un homme qui persiste à revendiquer ses droits alors qu'il pourrait obtenir la joie et la liberté qui sont le lot de ceux qui choisissent le Ciel. Vous y retrouverez l'éternel conflit entre le vrai et le faux moi, entre le personnage et la personne. Mais ce livre dépasse l'anecdote. Lewis y aborde avec sensibilité, et sans ambiguïté, les nombreuses manières que concoctent les hommes pour se convaincre qu'il n'existe aucune distinction claire entre le bien et le mal. |
La suite de cette description des œuvres de CS Lewis est traitée dans un second article.
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