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Le Néo-Zélandais Andrew Adamson a pris un simple conte du nom de Shrek et l’a transformé en une fable comique et acclamée destinée aux enfants et aux adultes. Adamson, qui a aussi travaillé sur Shrek 2, a maintenant commencé une incursion dans le film avec des acteurs réels, et ses débuts sont assez impressionnants. Il a abordé le premier et préféré tome de la série classique de C.S. Lewis, « Les Chroniques de Narnia », autrement dit « Le lion, la sorcière blanche et l’armoire magique », qui suit les exploits des quatre frères et sœurs Pevensie – Lucy, Edmund, Susan et Peter – durant la Seconde Guerre mondiale en Angleterre. Ils entrent dans le monde de Narnia à travers une armoire magique alors qu’ils jouaient à « cache-cache » dans l’habitation d’un vieux professeur. À ce moment là, les enfants découvrent un pays charmant et paisible habité par des animaux parlants, des nains, des faunes, des centaures, et des loups. Ce monde a été condamné à un hiver éternel par une sorcière blanche maléfique du nom de Jadis. Sous les conseils d’un noble et mystique lion nommé Aslan, les enfants se battront pour détruire le pouvoir de la Sorcière Blanche qui sévit sur Narnia. Ils la défieront dans une spectaculaire bataille qui libérera Narnia pour toujours du charme glacial de Jadis. Paul Fischer a parlé avec le réalisateur du film à New York.
Question: Pensez-vous que vous étiez le choix logique pour diriger cette première aventure de Narnia?
Adamson: Je pense que j’étais le choix logique. Je ne sais pas si tout le monde le serait. Walden Media (plus précisément Perry Moore) est venu à moi avec ce projet et vit qu’avec Shrek, j’avais pris un genre d’histoire fantastique avec des personnages animés et que je l’ai imprégné de beaucoup de qualités humaines. Je pense qu’ils voulaient que ce film soit comme cela – une histoire fantastique qui soit en même temps une histoire qui parle de l’évolution de personnage et de valeurs humaines. Je ne sais pas. Ils sont venus à moi. J’ai parlé de ce que je voulais faire avec le film. J’ai dit que je ne voulais pas le rendre contemporain. Je croyais qu’ils voulaient le rendre contemporain, qu’ils voulaient l’ « américanisé », mais en réalité, ils ne le voulaient pas. Ils voulaient être fidèles au livre, c’est ce que je désirais avant tout : être fidèle à ma lecture d’enfant, lorsque j’avais 8 ans.
Question: En faisant cette adaptation, était-il difficile d’être fidèle au livre?
Adamson: Oui. J’ai réellement désiré baser le film sur mes souvenirs d’enfance du livre, parce que j’ai réalisé en le lisant en tant qu’adulte que c’était comme une maison dans laquelle on a grandit, plus petite que dans nos souvenirs. Et je voulais filmer une histoire aussi épique que dans mes souvenirs, ce qui l’a augmenté à cause de mes expériences des 30 dernières années, par le fait que j’ai lu les sept livres, et que le monde a augmenté l’impact de C.S. Lewis en écrivant les sept livres.
Question: Le fils adoptif de C.S. Lewis a-t-il été influent? Et avait-il un œil sur tout ce que vous faisiez ?
Adamson: Douglas Gresham a été un grand leader apprécié par tous. Il voulait faire ce film depuis 15 ans et cherchait quelqu’un qui tournerait le film de la manière dont C.S. Lewis aurait voulu, et nous avons cela en commun. Ainsi, nous étions d’accord sur la plupart des choses. Il était un grand capital et lorsque j’étais en train d’adapter, particulièrement durant l’écriture du scénario, je pouvais l’appeler et lui demander de regarder si je n’avais pas ôter les idées de Jack (C.S. Lewis) ou fait des changements additionnels trop conséquents. La seule chose sur laquelle nous avons vraiment débattu, c’est que je considérais un aspect sexiste du livre. C’est lorsque le Père Noël donne des armes aux enfants, et dit au filles : « Les batailles sont très laides quand les femmes combattent. ». J’ai déjà créé deux films qui donnaient du pouvoir aux femmes – le personnage de la princesse Fiona est un personnage puissant – et je l’ai dit à Doug. Je comprenais que C.S. Lewis ait eu les idéaux de cette époque, mais en même temps, je ne pouvais pas les mettre dans le film… Doug n’exprimait pas vraiment ses propres idées mais celles de C.S. Lewis. Je pense que je l’ai convaincu lorsque j’ai dit : « Il a écrit ce livre avant qu’il rencontre votre maman. Et si vous regardez ce livre après qu’il ait rencontré Joy, les personnages féminins seraient beaucoup plus forts. Je pense qu’il a été en compagnie de plus de femmes fortes après cela. ». Et Doug était vraiment le seul qui pouvait arrivé à ce genre de compromis qui fonctionne. Le Père Noël dit alors : « J’espère que vous ne devrez pas les utiliser, parce que les batailles sont des choses horribles. » Et cela peut s’appliquer aux filles comme aux garçons.
Question: D’où la passion pour ce livre est-elle venue ?
Adamson: J’ai grandi avec ces livres lorsque j’avais huit ans. En me demandant pourquoi je les ai tant aimé et pourquoi autant de gens l’ont aimé durant des générations de lecteurs, j’ai pensé que c’était sûrement cette quantité d’endroits imaginaires existants. C’est très évocateur. L’idée que vous pouvez juste trouver la bonne porte et entrer dans un pays magique est universel pour les enfants et cela existe dans leur imagination. Mais je pense que ce livre rempli les enfants de puissance. Ces enfants, lorsqu’ils entrent dans Narnia ne sont plus des enfants. Ils sont des rois et reines et ont beaucoup de responsabilité et ont de l’importance. Avec cela, ce sens de puissance est bien présent dans l’histoire. Elle parle d’une famille, séparée durant la Seconde Guerre mondiale, qui sont pris à ce monde pour un autre dans lequel ils ont de l’autorité et où ils sont la solution aux problèmes. Et c’est en arrivant dans ce pays en tant que famille qu’ils détruiront le pouvoir du mal. Je pense que c’est une très belle histoire pour les enfants.
Question: Pourquoi pensez-vous qu’il était important de respecter la Seconde Guerre mondiale dans ce film?
Adamson: Avant tout, je ne pense pas que la fondation de C.S. Lewis aurait permit une adaptation dans un contexte moderne et différent. Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles le film n’avait pas encore été adapté. En même temps, ce que Parmount faisait n’était pas dans l’idée du livre -- Je ne pense pas que les gens sachent ou que les studios sentent que vous pouvez prendre une pièce de littérature anglaise classique et l’adapté d’une manière qui est fidèle et être aussi viable dans un sens commercial. Je pense que je suis chanceux avec le timing, Le Seigneur des Anneaux a eu un grand succès et la série Harry Potter aussi. Les studios ont donc vus que vous pouviez prendre un classique de la littérature anglaise ou dans quelques cas de la littérature anglaise moderne, l’adapter d’une manière vraie et toujours « anglaise », et que cela peut avoir un certains succès, sans stars.
Question: Était-il difficile d’imaginer le résultat que vous vouliez voir?
Adamson: Trouver les enfants a été un défi. Je voulais de vrais enfants… je voulais trouver des enfants qui ressemblaient aux personnages du livre. Je désirais qu’ils ne jouent pas un rôle, mais qu’ils soient eux-mêmes – ne rien enlever de la personnalité des enfants. Je pense que j’ai été chanceux de trouver beaucoup d’enfants qui étaient grandioses – Georgie avait 8 ans lorsqu’elle commença le film. Elle a joué d’un point de vue très personnel. Elle est vraiment comme Lucy. C’était le défi et cela a été un processus de 18 mois pour trouver les enfants adéquats.
Question: Qu’en est-il des éléments religieux?
Adamson: Je pense que les idées du bien, du mal, du pardon et du sacrifice sont très présentes dans le livre, et je pense que c’est ce qui le rend si universel. Je pense que l’idée du pardon est une condition humaine avant d’être une croyance ou une religion… Il est facile de dire que le monde serait meilleur si l’on pardonnait. Je ne pense pas beaucoup aux aspects religieux du film. Je sais que les gens ont interprété le livre de beaucoup de manières différentes à travers les années. Je l’ai lu lorsque j’avais 8 ans, après je savais même ce que le mot « allégorie » signifiait. Je ne sais pas si C.S. Lewis a vraiment voulu que son histoire soit allégorique, mais il l’a écrite du point de vue de ses propres croyances. Beaucoup de gens retirent cela du livre. Je voulais faire un film adapté du livre et je pense je suis resté très fidèle à celui-ci, je pense que les gens peuvent interpréter le film de la même manière. Ils peuvent appliquer leur croyance personnelle et interpréter le film de la même manière qu’ils ont interprété le livre.
Question: Qu’en est-il des références religieuses dans la dernière bataille du film et cette ligne : “Tout est accompli”. C’est tiré de la Bible.
Adamson: Non, ce n’était pas intentionnel.
Question: “Tout est accompli” sont des mots pris de la Croix.
Adamson: Honnêtement, je ne le savais pas. Sérieusement, Je ne peux pas croire que je ne sache pas ça. La chose que je voulais c’est de voir la tristesse d’Aslan lors de son sacrifice – C’est un moment où Aslan et la Sorcière Blanche se regardent l’un l’autre comme si chacun acceptait son destin. Il va devoir la tuer. Elle accepte d’être tuée. Et pour moi, je ne voulais pas envoyer le message que la guerre est une solution idéale. Je voulais qu’Aslan regrette le fait qu’il doive tuer la Sorcière Blanche. Je voulais une phrase vers laquelle il pourrait se tourner et juste dire : « C’est terminé. C’est fait ».
Question: Aslan ressuscite – ce moment est particulier – il rappelle aussi le moment de la résurrection du Christ dans le Nouveau Testament. Vous étiez sûrement conscient de cela.
Adamson: Oh oui, j’étais bien conscient de cela. Je le savais. Je pense que c’est intéressant. Évidemment, les gens regardent à beaucoup de ces références, particulièrement parce que C.S. Lewis était chrétien. Pour moi, je ne pense pas que ce soit une allégorie parce que je pense que les allégories sont limitées. Comme je le dis, il a écrit d’après ses croyances et les a incorporées dans l’histoire. Une chose intéressante est que nous avons beaucoup d’intérêt en ce fait, particulièrement pour la presse. En même temps, Matrix – un immense film – est une histoire de résurrection. Il est l’envoyé. Il va à sa perte. Il revient de la mort et sauve le monde. Je ne pense pas les frères Wachowski ait répondu à autant de questions à ce sujet que moi je ne le fais. Mais vous avez raison. Un garçon de 8 ans ne pense pas à une allégorie religieuse lorsqu’il lit le livre. Évidemment, C.S. Lewis l’a écrit du point de vie de ses propres croyances. Et l’histoire de la résurrection est là. Mais je pense que c’est ouvert aux interprétations. Je pense que c’est vraiment pour chaque personne et leur propre croyance et de la manière dont elles voudront recevoir le film.
Question: Qu’en est-il de la transition entre un film entièrement en images de synthèse et en film avec de vrais acteurs?
Adamson: D’une certaine manière, c’est moins différent de ce vous pouvez penser. Le processus est différent. Dans l’animation, vous enregistrez l’acteur et vous créez le physique des mois après et les lumières des mois plus tard. Dans les films avec des acteurs réels, vous mettez tout le monde ensemble dans un environnement. Vous avez tous dans la caméra. Dans l’animation, en tant que réalisateur, vous devez penser à tout. Vous devez pensez aux clignements. Vous devez penser à la poussière. Vous devez penser à chaque goutte de pluie. Dans les films avec des acteurs réels, vous avez tous cela d’une manière libre. Il y a certaine chose qui arrivent comme elles arrivent. Si vous mettez un garçon dans une armure et vous lui donnez une épée et un cheval, il se sentira noble et le deviendra. En animation, vous devez communiquer à un acteur et dire : « Ok, c’est ce qu’il faut », si vous êtes dans un studio isolé de la réalité. D’un autre côté, vous devez travailler avec l’acteur sans la pression du temps, de la lumière et ce genre de choses. En fin de compte, il y a un équilibre sur la balance. Et finalement, c’est toujours une histoire de temps, et toujours une histoire d’émotions humaines. Ce film exige beaucoup de discipline en animation. Ils doivent prendre des personnages animés et leur donner des traits humains. Ce que j’ai fait dans le passé m’a aidé à le faire. En même temps, J’ai appris beaucoup du travail avec les acteurs et sur les lieux de tournage.
Question: Parlez nous de la décision de travailler chronologiquement.
Adamson: Ce fut une décision pour des raisons pratique et pour des raisons d’histoire. Les enfants grandissaient. Il n’y avait rien que je puisse faire avec cela, bien que nous rigolions sur le fait d’initier Skandar à fumer… Il a grandit de six inches du moment où nous l’avons auditionné jusqu’à la fin du tournage du film. Mais aussi dans l’histoire, Narnia vous rend plus mature. Il doit vous faire grandir émotionnellement, et je voulais dépeindre cela physiquement, en particulier au commencement avec William. Je le gardais hors du soleil, le laissant être une sorte d’écolier anglais et alors que nous étions en production, nous l’avons entraîné à manier l’épée, à monter à cheval, sortir dans le soleil, et le laisser augmenter sa maturité à l’écran. Tourner d’une manière chronologique nous a permis d’avoir le bénéfice de ces deux aspects.
Question: Êtes-vous intéressé ou engagé pour l’adaptation du prochain livre ?
Adamson: Il y a quelques semaines, je ne voulais plus faire de film après une année d’effets spéciaux. L’une des raisons qui m’incitent à faire une suite, c’est les enfants. Ils forment réellement une vraie famille et ils m’autorisent à en faire partie. Si ces enfants le font à nouveau, je le ferai probablement aussi, parce que je mets beaucoup d’importance en eux. Je ne peux les imaginer être dirigés par un autre réalisateur. J’ai peur qu’il ne les traite d’une manière dont je n’aimerais pas qu’ils soient traités. C’est cela qui me pousse à continuer. Je vais prendre de grandes vacances. J’ai deux enfants. Je ne sais pas quand je ferai la suite, c’est pourquoi j’aimerais prendre du temps pour eux.
Source: darkhorizons.com
Traduction: narnian |