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Les Chroniques de Narnia, basées sur l'allégorie? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Ecrit par Marc Varidel   
13-12-2005

Etrangement, Tolkien, grand ami de C.S. Lewis, n’a pas apprécié les Chroniques de Narnia; elles étaient trop allégoriques pour lui, ce qu’il détestait au plus haut point. Cet article explore la notion du mot allégorique et les attentions de Lewis.

 

Tolkien oppose à l’allégorie le terme « applicabilité », qu’il définit comme la liberté donnée au lecteur d’extraire d’une œuvre littéraire le sens qu’il y voit. Par l’allégorie, au contraire, l’auteur exerce une domination sur le lecteur ; il s’agit d’une relation un contre un, où chaque élément de la fiction représente un élément de la réalité, et un seul.

Lewis, sensible à la critique de son ami Tolkien, s’est défendu d’avoir écrit les Chroniques sur le principe de l’allégorie. Pour C. S. Lewis l’allégorie s’oppose à la supposition (angl. supposal), au mythe ; dans ce dernier, le lecteur est plongé dans un univers imaginaire où il reconnaît, derrière l’invention, des caractéristiques de la réalité ; ainsi la tâche d’interpréter revient au lecteur, et je dirais que la notion d’ « applicabilité » établie par Tolkien et celle de « supposition » de Lewis se rejoignent pour une grande part.

Pourquoi donc cette controverse autour des Chroniques ? Il faut dire que Lewis lui-même a parlé, dans une lettre de 1958, d’une association entre Aslan et Jésus-Christ : « Aslan est une invention qui donne une réponse imaginaire à la question : ‘A quoi Christ pourrait-il ressembler s’il y avait réellement un monde comme Narnia et qu’il choisissait d’y vivre, mourir et ressusciter comme il l’a effectivement fait dans le nôtre ?’ Tout ceci n’est pas de l’allégorie ». L’association Aslan–Christ n’est donc pas rigide pour Lewis, même s’il pilote partiellement le lecteur ; il a même dit qu’en rédigeant le premier épisode, L’Armoire magique, il ne savait pas encore comment Aslan agirait et souffrirait ; il voulait le laisser « se comporter à sa guise ».

Le fait est que tout lecteur qui a une base d’instruction biblique pourra reconnaître derrière Aslan, ou d’autres personnages des Chroniques, quelques éléments de culture chrétienne. Mais il n’y a pas de correspondance systématique, pas plus qu’il n’y a d’allégorie dans le Seigneur des Anneaux ou de corrélation entre l’anneau et la bombe atomique (contrairement à ce que certains lecteurs ont voulu voir). Disons encore que C.S. Lewis sait de quoi il parle lorsqu’il affirme ne pas avoir écrit sur le principe d’une allégorie : il a écrit d’autres œuvres clairement allégoriques, comme The Pilgrim’s Regress, et il est l’auteur d’ouvrages de littérature utilisés dans les facultés de lettres.

Laissons-nous donc emporter dans la féerie des Chroniques ; elles peuvent être lues comme un simple conte de fées ou donner matière à réflexion, tant il est vrai que toute lecture peut enrichir le lecteur qui s’y laisse prendre ! Combien plus lorsque l’auteur a voulu y intégrer un message !

Auteur: Marc Varidel

Texte basé sur:

 

Dernière mise à jour : ( 13-12-2005 )
 
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