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Ecrit par Marc Varidel   
02-11-2005
tolkien.jpgDepuis 1933 jusqu’en 1949, comme résultat de l’amitié profonde qui liait Tolkien et Lewis, un groupe de lecture s’est tenu, la plupart du temps dans une salle enfumée d’un pub d’Oxford, ou alors dans les salles occupées par C.S. Lewis à l’université d’Oxford. Les membres en étaient des écrivains, des penseurs ; l’un d’entre eux était un médecin. Une grande partie de leurs séances étaient consacrées à la lecture des manuscrits rédigés par les uns ou les autres. Ils prenaient plaisir à goûter la poésie de leurs confrères ou à confronter leurs idées dans des essais, à refaire le monde à l’aune de leurs théologies ou à faire œuvre de critiques littéraires.

Le nom du groupe semble avoir été choisi par Tolkien sous forme de gag : « le nom ‘Inkling’ était un jeu de mots plaisamment ingénieux, suggérant des personnes aux idées et suggestions vagues, à demi formées, ainsi que ceux qui barbotent dans l’encre ». En effet, le mot inkling signifie « soupçon, suggestion, intuition » alors que le mot ink signifie « encre ».

C.S. Lewis était, avec J.R.R. Tolkien, l’un des principaux maîtres à penser du groupe. Mais deux autres personnages sont considérés comme formant avec eux le quatuor clé du groupe : Charles Williams, auteur de poèmes et de pièces de théâtre, entre autres, et Owen Barfield, brillant penseur, adepte de l’anthroposophie.

Parmi les autres membres du groupe, il faut mentionner Warren Lewis, le propre frère de C.S. Lewis (c’est grâce à son journal intime qu’on connaît le fonctionnement des Inklings), Hugo Dyson, qui a contribué à la conversion de Lewis au christianisme, Dr. R.E. Havard, Nevill Coghill, et Adam Fox.

lewis.jpg Les membres du groupe se sont fortement influencés l’un l’autre, soit par les discussions, parfois vives, lors de leurs séances, soit par leurs écrits. On sait que Tolkien a lu une partie du Seigneur des Anneaux aux Inklings, que Lewis a fait la lecture de son livre « The Great Divorce », mais ce qui paraît surprenant, c’est qu’il semble que les Chroniques de Narnia n’ont jamais été lues dans ce cadre. On attribue cela au fait que Tolkien, ami intime de Lewis, avait donné, en privé, un avis très radical et critique à l’encontre des Chroniques, la rangeant dans le camp des allégories, procédé littéraire qu’il détestait au plus haut point. Lewis n’aurait ainsi pas voulu s’attirer des critiques supplémentaires !  Cet incident a d’ailleurs peut-être conduit au déclin des Inklings, puisque le groupe a cessé d’exister peu après.

Lewis n’a cependant pas rédigé ses Chroniques tout seul dans son coin, la tête basse ; un ami de fraîche date, Roger Lancelyn Green, l’a encouragé et critiqué au cours de la rédaction de son œuvre. L’avis négatif de Tolkien n’a ainsi pas empêché la réalisation de cette œuvre majeure de la littérature imaginaire. Merci Mr Green !

Auteur: Marc Varidel

Texte basé sur :
  • Colin Duriez, A Field Guide to Narnia, InterVarsity Press, 2004 (chapitre 1)
  • Elesha Coffman, in Christianity Today, mai 2001
  • Site internet : Inkling Books, page d’accueil

Dernière mise à jour : ( 02-11-2005 )
 

 
     
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